Je survolais des contrées au-dessus d'un pays certainement la France, je pouvais monter et descendre à mon gré en forçant un peu sur mes pensées au sein de ma boîte crânienne, ce qui me donne une impression de fatigue, comme une tension nerveuse. Cela pendant des sommeils conscients, j'étais obligé de me concentrer beaucoup pour ce vol.

Je traversais à présent beaucoup de pays que j'apercevais entre les nuages, en m'approchant je découvre comme un village Africain avec des huttes de paille et bien d'autres choses, mais au réveil, la mémoire fait défaut. J'avais survolé des quartiers avec des noms de rues, des endroits que je connaissais certainement pour y être déjà passé, du moins en rêve. Des boutiques vertes ou rouges et des plaques de rues jaunes? Quartiers de petits commerces, antiquaires, bouquinistes etc... comme à Paris... ou proche banlieue avec des petites places ombragées, assis sur une terrasse, mais la nuit vide d'occupant.

Un jour en voiture, ma femme conduisait comme à l'habitude, les deux passagers dormaient à l'arrière, moi à la place du mort comme on dit... Je somnolais comme la conductrice, tenant le volant depuis trop longtemps, surtout dans cette région montagneuse d'Auvergne, la voiture sortie de la route dans un virage côté précipice, je ne pris pas peur comme dans d'autres rêves, au contraire, je me concentrais comme si j'avais provoqué cet envol depuis un moment déjà, la voiture se mit a planer et atterrit en douceur près d'une route en contrebas. Je réalisais ainsi que ce travail de pensée toujours avec ce besoin de concentration énorme ne m'affectait moins qu'avant. Les premières fois, j'avais rêvé de survol dans la crainte de chute, mais dans les rêves de demi-conscience, je dirigeais mon vol avec surêté, d'habitude, c'était fatal et le réveil en sursaut. Je suis sûr à présent de pouvoir contrôler mes actions dans mes rêves. Aujourd'hui je rêve beaucoup moins.

C'était une nuit de pleine lune, je survolais la banlieue bleutée dans sa grisaille, il avait neigé la veille, après temps de joie passées, j'étais seul, malheureux, mélancolique, mais avec le désir intérieur de résistance, de vengeance du moins de remattre les choses à leur juste valeur. Je retournais sur les lieux de mon enfance, une femme de glace avait été sculptée dans la neige... Un monstre, être fantastique faisait fondre cette femme, je combattais cet être de toutes mes forces le sabrant en tous sens. Je ne pouvais ressentir ni le froid, ni la chaleur de ce combat, la femme avait disparu, et je n'avais plus rien à faire ici, je n'étais plus chez moi, nul part!... Je montais vers le ciel, la lune était cachée par un immense disque noir percé de milliers de trous formant comme un tapis d'étoiles, je me sentais bien et une formidable aspiration m'attirait dans cette "passoire" puis le réveil serein satisfait de cet exploit irréalisable daans le vie réelle, mon esprit alors libéré par ce superfuge nocturne...