Une femme ravissante me fit franchir à demi le seuil de sa porte de bois, ses yeux et son visage plein d'enthousiasme, cachaient bientôt comme une angoisse, un grand désir inexprimable, puis comme une possédée, elle me fixa durement, ses yeux blanc lumineux devinrent bientôt mates et... derrière elle une sorte de coffre, un amas de je ne sais quoi? qui ressemblait dans la pénombre à une statue de pierre phosphorescente et toujours près de moi, une ombre noire comme la nuit devenant froide, comme la pierre et comme la porte de bois close à tout jamais...

C'était la fin de la journée, il faisait déjà nuit comme à la fin d'une vie d'ignorance. L'invitation était là, la tentation, le mélange d'émotions, l'evie d'amour tout simplement. Mais devant la différence des communautés, l'interdit, trop de sévérité et de manque de compassion bientôt l'amour s'est éteint!..

De bois noble, renfermant tous les trésors perdus et soutien de mon esprit, devant cette idole brillante, j'ai pris froid dans mon coeur, dur complètement à l'abandon. Combien d'incompréhensions nées ainsi par manque d'échange de langage, viendraient à bout de cet amour? Lourdeur tristesse, dépit écrasèrent tout sur leur passage dans l'ombre noir du désespoir. Rejeté de partout, je suis reparti recherchant un autre asile pour la nuit ou une autre victime comme moi!? Mais dans mon âme orgueilleuse, pleine de mépris, je suis le seul coupable.

J'allais colporter une nouvelle dans une propriété proche, mais si loin encore par son immensité. Je marche en direction d'une grande porte, je m'engage sur un chemin parallèle qui s'éloigne du chemin menant à cette grande porte de fer forgé, dans une étrange perspective. Je suis en présence d'une femme au visage connu, n'est-ce pas elle qui veut me voir? ou moi qui lui apporte une nouvelle? Dans ce manoir isolé au beau milieu de cette incroyable lieu, je suis près d'elle, je la tient par le bras, nous marchons comme deux amoureux, nous flirtons un peu, très tendrement comme si rien n'était, pourtant nous longeons des champs et passons devant un groupe de jeunes.

Ils dansent, très bruyants et heureux, inconscients, ils se nettoient l'esprit des turpitudes de la journée de

IMG_0001travail dans les champs. Ils nous regardent longuement, plus loin, ce garçon seul assis par terre avec mon visage, étrange!?.. Je me regarde passer, c'est toujours la nuit profonde, il fait froid à présent, nous repassons devant le groupe de jeunes, plus loin, ils continuent leur fête dans cette pauvre cabane de bois, puis sur le chemin, il ne reste que le souvenir et l'espoir de la revoir...

J'étais solitaire, bien au chaud dans mon appartement de banlieue près de la Seine, c'était début 1980. Le jeûne était devenu fréquent, l'ennui me poussait au sommeil pour oublier, le passé, présent et même le futur, j'espérais qu'au réveil tout s'arrangerait. Dans un demi sommeil, j'entendis une voix lointaine "Patrick" je pensais à ma mère décédée il y avait peu de temps! "Patrick viens avec nous" j'étais prêt à partir vers cet appel, mais c'était certainement des élémentals, je résistais, puis plongeais dans sommeil profond et ouvrais les yeux dans un rêve merveilleux de sensations fortes.

Une femme charmante m'enlaçait, son charme, sa chaleur m'envahissait, très ému et consentant, je me laissais aller aux joies de l'amour fou, j'étais vraiment très heureux, enivré de bonheur, mais bientôt, j'étouffais, cette superbe femme devenait si lourde, m'écrasait! Réveil en sursaut! La statue de pierre bien sur son socle de bois avec son regard contemplatif au-dessus de la banquette. Quelle peur stupide, mais ce n'est que plus tard que je faisais la relation entre mon rêve et la statue qui avait si peu bougée de sa place sur son socle de bois!..